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dimanche 31 décembre 2017

Voeux de Macron pour 2018

Voeux de E. Macron pour 2018

Dépoussiérer la cérémonie des voeux?

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dimanche 1 janvier 2017

Voeux de Hollande pour 2017

Ce qui disent les journalistes

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samedi 31 décembre 2016

Voeux de Hollande pour 2017

... https://twitter.com/JML_textopol

mercredi 28 décembre 2016

En attendant les derniers voeux de Hollande

Outils d'analyse en ligne. Quels usages pour quelles interprétations?

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dimanche 18 décembre 2016

Parution

Alors que François Hollande va présenter ses derniers voeux aux français...

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vendredi 1 janvier 2016

Voeux présidentiels - expérimentations lexicométriques

TextObserver- TreeCloud - Expressions régulières, concordances, analyses arborées

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Analyse des voeux de Hollande pour 2016

Une expérience d'analyse factorielle des correspondances

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jeudi 31 décembre 2015

Voeux de Hollande pour 2016

2016, une année de vaillance et d'espérance.

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jeudi 1 janvier 2015

Interpréter les distances entre les textes - Analyse factorielle des correspondances et problèmes de visualisation

L'analyse factorielle pratiquée sur la partition année ne montre pas de rupture lexicale particulière entre le message de décembre 2014 et ce qui précède.
Selon la segmentation opérée par les outils logiciels utilisés (Lexico3 ou TextObserver), selon l'unité choisie (texte ramené à la casse minuscule pour Lexico3, casse originale pour TextObserver), la configuration factorielle varie légèrement. Ce ne serait sans doute pas le cas sur un corpus plus important quantitativement, d'autant plus que la partition choisie (partition par année et donc par texte) rend l'analyse factorielle relativement peu stable. En effet plus les parties du corpus sont nombreuses, plus la valeur propre des axes s'amoindrit. Dans notre cas la valeur propre du premier axe n'est que de 7%. Il convient donc de ne pas sur interpréter ces configurations factorielles mais bien de les considérer comme des pistes de recherche. Une autre précaution consiste à croiser cette méthode à d'autres mesures de proximité du vocabulaire (voir à ce propos le billet du 2013/01/05/49-comment-le-discours-de-franois-hollande-se-situe-t-il-par-rapport-ses-prdcesseurs).
La partition par locuteur est beaucoup plus stable puisque le nombre des parties du corpus est plus faible. L'analyse factorielle n'est pas constituée d'une cinquantaine d'axes comme c'est le cas sur la partition par année mais de 7 (sept présidents de la République dont on cherche à examiner les oppositions majeures en termes d'emploi du stock lexical).
Ce ne sont donc que des régularités dans les configurations factorielles produites au moyen des différents outils que nous chercherons à examiner ici.
Sur les deux analyses factorielles produites par Lexico3 et TextObserver, sur la partition par année F. Hollande se situe dans son époque (proche des années Sarkozy en vert sur le graphique et des années Chirac, en bleu) , signe probable d'une évolution du discours politique qui entraîne une diminution de l'individuation des voeux que l'on observait de façon très nette sur les états précédents du corpus.

En effet, à mesure qu'évolue le corpus des voeux présidentiels, l'individuation des messages que l'on pouvait observer jusqu'en 2007 encore très nettement, tend à disparaître. La configuration factorielle ne laisse entrevoir désormais que trois groupes de textes: le premier représentant la période du général de Gaulle, le second les voeux de Mitterrand, Pompidou VGE, le troisième les voeux de Chirac, Sarkozy, Hollande. Peut-être doit on y voir une évolution de discours politique qui tend à lisser le contraste des ethos et des personnalités. [insérer AFC TextObserver points constants]

Fin 2011 (après le dernier message de Sarkozy) l'analyse factorielle pratiquée sur la forme graphique et sur une partition par année laissait encore entrevoir plusieurs groupes de textes (ceci était confirmé par l'analyse de la connexion lexicale pratiquée sous Hyperbase, non sans quelques nuances que nous avions commentées).
Au centre les messages de Mitterrand, d'un côté de l'axe les messages du général de Gaulle, de l'autre ceux de Chirac, groupées de façon homogène, puis ceux de Pompidou et VGE répartis de façon plus erratique. Les messages de Sarkozy, plutôt proches pour certains de ceux de Chirac, ne formaient pas u  groupe de texte très homogène.
On notait déjà en effet à cette époque que les voeux de Sarkozy ne s'organisaient pas dans une zone homogène du plan factoriel mais semblaient au contraire évoluer au fil du temps, peut-être au gré de l'événementiel.
Désormais, l'ajout des trois messages de Hollande transforment la représentation factorielle.
Les propositions de visualisation introduites dans TextObserver permettent de mettre en évidence des zones correspondant aux textes des locuteurs successifs de notre corpus. (En bleu foncé les années De Gaulle, en rose les années Pompidou/ Giscard, en blanc les années Mitterrand, en cyan les années Chirac, en vert les années Sarkozy et en jaune les années Hollande).
Notons que cette proposition transforme légèrement en grossissant les points la lecture de l'analyse factorielle, de même que l'échelle qui diffère légèrement de celle utilisée sous Lexico3. (La taille des points n'est pas ici proportionnelle à la taille des parties du corpus)

Cette représentation permet de saisir assez aisément l'évolution du discours sur l'ensemble de la période. Les années De Gaulle conserver une cohérence et une singularité par rapport aux autres textes du corpus.
Le changement d'échelle, le grossissement des points, et l'observation de masses colorées correspondant aux différents locuteurs permettent de dégager quelques éléments saillants:
On retiendra notamment les deux périodes chiraquiennes (confirmées par l'analyse arborée pratiquée sous Hyperbase) [1997-2002]-[2002-2006], deux périodes Sarkozy (qui, lorsque l'on zoome forment plutôt un arc) et les textes de Hollande qui ne forme pas non plus un nuage complètement cohérent mais se divisent en deux partie: 2012 d'une part et 2013-2014 qui sont très proches de la second période de Chirac.

L'analyse factorielle des correspondances représentant les trois premiers axes permet d'affiner quelque peu cette représentation pour montrer des affinités textes à texte. Ce visuel, ici figé, est beauocup plus riche d'information lorsqu'on le manipule directement avec l'outil TextObserver puisque on exploite alors toute la richesse de la visualisation tridimensionnelle, nommant en interagissant avec l'interface.
Enfin les représentations "extrudées" de la même analyse factorielle permettent de saisir à la fois la taille des textes et les proximités ou oppositions.
Ainsi, selon cette représentation le discours de décembre 2014 est proche de 2013, mais aussi de 2004 (Chirac) on interprétera ces proximités en terme de lexique partagé.



Voeux de Hollande pour 2015 - Exploration textométrique

Une expérience de catégorisation permet de caractériser le discours de présidents de la République et de porter sur ces messages de vœux un éclairage particulier.
La catégorisation - ici morphosyntaxique - consiste à attribuer à chaque mot du texte une étiquette correspondant à sa catégorie grammaticale (partie du discours ou "POS").
L'étiqueteur utilisé ici est Treetager mais TexObserver utilisé ici pour interroger le corpus accepte tout autre jeu de données.

L'analyse factorielle, pratiquée sur ces catégories produit la configuration suivante.

(légende : En bleu foncé les caractéristiques de De Gaulle, en rose et violet les caractéristiques de Pompidou et de Giscard, en blanc celles Mitterrand, en cyan celles de Chirac, en vert celles de Sarkozy et en jaune celles de Hollande)

Les oppositions qui sont mises au jour ne portent plus sur le lexique mais sur des caractéristiques morphosyntaxiques.
En termes de sous-emploi ou de sur emplois, les locuteurs successifs se caractérisent de la façon suivante.
De Gaulle:
Sur utilise la ponctuation faible (pun) les participes présent (ver:ppre), la catégorie "sym" qui correspond au signe %, sur utilise les adjectifs, les verbes au conditionnel et les prépositions (prp). Il sous utilise ce qui est nécessairement sur-utilisé chez les autres locuteurs, la norme étant endogène.
Ces éléments relèvent à la fois de phénomènes stylistiques et argumentatifs .

Répartition des participes présent par locuteur

L'emploi des conditionnels chez De Gaulle relève d'un procédé argumentatif:
Répartition des verbes au conditionnel par locuteur

Chez l’initiateur de la cinquième République les contextes sont très majoritairement ancrés dans l’opposition passé/présent ou dans l’antinomie virtuel/réel.
Quelques exemples:
En 1960, le président met en garde contre un éventuel refus de la consultation sur l’autodétermination de l’Algérie.
« Car s'il arrivait, par malheur, que la réponse du pays fût ou négative, ou indécise en raison d'une faible majorité, ou marquée par beaucoup d'abstentions »
« Quelles conséquences entraîneraient cette impuissance et cette division », « quelle excitation en recevraient, d'une part les chercheurs d'aventures, d'autre part les tenants de la subversion ! Quel prurit agiterait les clans du doute, de la hargne et du dénigrement ! En Algérie, de quel découragement seraient saisis les raisonnables, de quelle impulsion les furieux ! Dans le monde, quelles conclusions désastreuses en seraient tirées quant à la capacité de la France d'assumer la responsabilité des affaires qui la concernent ! »
Et engeant une manière de plébiscite personnel :
« Et à moi-même, vous le savez bien, quel coup serait ainsi porté, m'empêchant de poursuivre ma tâche. »
Mais il invite également
« La communauté de souche française d'Algérie à s'arracher décidément aux troubles et aux chimères qui la couperaient de la nation, et non seulement à accepter ce que le pays va décider, mais à en faire son affaire et à se saisir de la chance nouvelle qui s'offre à sa valeur et à son énergie. »
Il est intéressant de s’attarder encore un instant sur ce message car à l’éventualité d’un « non » à cette consultation, qui se conjugue au conditionnel répond la quasi certitude d’un « oui », qui allie alors subjonctif et présent c’est une construction parfaitement parallèle qui sert ici l’argumentation du locuteur :
« au contraire, que le référendum soit positif et éclatant, voilà la nation, son gouvernement, son parlement, son administration, son armée, bien fixés sur la route à suivre et sur le but à atteindre. Voilà les algériens bien éclairés sur leur avenir. Voilà l'étranger bien prévenu que la France sait ce qu'elle veut. Me voilà moi-même raffermi et plus fort pour servir de guide au pays et pour élargir la porte de la paix et de la raison. »
Ainsi, le conditionnel porte une valeur argumentative. Chez De Gaulle en particulier il est utilisé pour évoquer les incidences de ce qui se serait passé si...nous n’avions pas choisi la cinquième République, ce qui se passerait si, les Français ne répondaient pas favorablement à tel ou tel appel du chef de l’État.

Répartition des adjectifs par locuteur

Le rapprochement Chirac/Sarkozy/Hollande que l'on a pu noter sur les analyses factorielles des correspondances peut en partie s'expliquer par ce sous-emploi des formes adjectivales, bien que l'on retrouve ce même profil chez VGE. Il convient de noter un facteur ne peut expliquer à lui seul l'ensemble de la configuration factorielle. On peut toutefois s'interroger sur cette diminution sensible des emplois adjectivaux - diminution confirmée par une mesure des spécificités portant sur la partition par date - dans laquelle on pourrait voir une réduction du discours où les inclinations littéraires de De Gaulle, Pompidou et Mitterrand (VGE ayant délibérément choisi la connivence avec les Français dans ses messages de voeux et donc une certaine forme de simplicité), laisseraient place à un format plus communicationnel). D'autres mesures (longueur des phrases, disparition du subjonctif au profit du présent de l'indicatif) semblent aller dans le même sens.

Pompidou

Pompidou se caractérise notamment par un suremploi des verbes à l'impératif: (ver:impe)
Soyons capables, ayons confiance, sachons mesurer...


VGE

Les spécificités des catégories morphosyntaxiques de la partie Giscard
montre un sur emploi dans l'utilisation des pronoms personnels (en réalité 1ere du singulier et deuxième du pluriel) et de déterminants possessifs (adjectifs possessifs) et de conjonctions de coordination.
Il sous utilise en revanche les adjectifs, les noms et les adverbes.
Mitterrand

Mitterrand sur-utilise les verbes au futur de l'indicatif
Cet emploi relève d'une dimension quelque peu pédagogique du discours de Mitterrand:
Exemple: "Dans six mois, nous présiderons la commission européenne"

On note également une sur utilisation des données chiffrées (num)
Chirac

La caractéristique la plus remarquable du discours chiraquien est la sur-utilisation des verbes à l'infinitif (ver:infi)
On notera ici le manque de finesse de l'étiquetage qui occulte chez Mitterrand le sur emploi de l'indéfini "on" et la sur-utilisation de déterminant "une" chez Chirac, sur emploi qui n'est pas indifférent ("Construire une Europe, une solidarité, une démocratie"...)

Ce sur-emploi des formes infinitives entre dans la réalisation d'énoncés dont la valeur est souvent mobilisatrice ou déontique:
Exemples:
"Nous devons construire une France plus accueillante", "nous devons nous adapter", "je veux susciter...", "nous devons garantir"...

Sarkozy, dont on a vu à l'occasion d'autre analyses qu'il se rapprochait pour partie de Chirac partage cette caractéristique.
L'examen de la partition par année permet de vérifier qu'il s'agit là d'une constante et non du poids d'un message particulier.

L'emploi est banal chez Hollande.
Sarkozy

Sarkozy sur utilise les pronoms relatifs et les verbes au présent de l'indicatif (ver:pres) caractéristique qu'il partage avec F. Hollande:

Hollande

sur-utilise les pronoms démonstratifs (ce, ceux, celle, celles)

mercredi 31 décembre 2014

Voeux de François Hollande pour 2015


__Premiers éléments d'observation__ (31 décembre 2014 - 21h)

"C’est un message de confiance et de volonté que je vous adresse ce soir en vous présentant mes vœux pour la nouvelle année."
Lors d'une première écoute de ce message (relativement court, 9 minutes) du 31 décembre 2014 on relève de nombreuses traces du genre épidictique, de la célébration des valeurs communes, mais aussi une certaine forme de volontarisme qu'il conviendra de vérifier par un minutieux retour au texte.
La revitalisation des valeurs communes est exprimée pour partie dans une construction anaphorique évoquant les valeurs et les atouts de la France, sujet qui n'est pas propre au discours de Hollande.
" La France, c’est un grand pays ; elle est la cinquième puissance économique du monde. La France, elle prend ses responsabilités chaque fois que la paix est menacée [...]"
"La France, c’est une diplomatie active, qui cherche inlassablement la solution à des conflits comme en Ukraine [...]"
"La France, elle est reconnue pour ses innovations, pour sa culture, pour le talent de ses entrepreneurs, de ses créateurs, de ses chercheurs. Elle a été honorée cette année par deux prix Nobel."
Cette "autosatisfaction" rituelle trouve sa conclusion dans l'énoncé suivant (que l'on trouve chez d'autres présidents de la République):
"Nous avons donc toutes les raisons d’avoir confiance en nous mais à une condition : avancer, faire preuve d’audace, refuser le statu quo, écarter la régression. "
Mais aussi:
"La France, ce n’est pas une nostalgie, c’est une espérance." qui fait écho au refus d'immobilisme que l'on peu trouver chez Chirac.
ou encore
"La France est donc capable de se transformer et je sais que vous y êtes prêts."
"La France, elle a été capable il y a maintenant 70 ans, de réunir une grande conférence pour les droits universels de l’homme."
C'est une célébration des valeurs et des capacités de la France plus que des Français, là encore plus propre au discours chiraquien à laquelle se livre le président de la République.
On relève également de cette première écoute l'expression d'un volontarisme dont on trouve les traces dans une implication personnelle du chef de l'Etat - qu'il conviendra de vérifier lors d'une analyse approfondie-  (je crois, je veux, j'ai voulu, je mènerai [ce combat]...
mais aussi :
"je veux en finir avec le dénigrement et le découragement."
"J’ai fait le choix de l’avenir tout en restant fidèle aux valeurs de la République et à notre modèle social."
"Je crois à la persévérance, à la constance, au travail dans la durée. L’année 2014 fut une année rude, jalonnée d’épreuves de toutes sortes. J’ai tenu bon et suivi fermement le cap que j’avais fixé."
"C’est le combat que j’ai engagé. Ce combat, je le mènerai jusqu’au bout, contre les conservatismes – et ils sont nombreux –, contre les populismes – et ils sont dangereux."
"J’y veillerai personnellement"
"Je m’y étais engagé"
Les formules rituelles "omniscience", et "empathie", loin d'être aussi développées que chez Mitterrand ou Chirac
"Je sais les difficultés que nous rencontrons, je les mesure chaque jour et je pense ce soir aux familles qui s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants face au chômage et parfois même face à l’exclusion."
"Et j’ai une pensée particulière pour les plus fragiles ce soir, pour les personnes seules, pour les démunis et pour toutes les victimes des drames qui se sont produits ces derniers mois. Mais mon message, c’est celui de la confiance ; confiance en nous, confiance dans toutes les forces de notre pays, confiance dans notre vitalité et c’est pourquoi je peux dire ce soir : vive la République et vive la France."
"La France est donc capable de se transformer et je sais que vous y êtes prêts."
Dans ce message éminemment politique, le président de la République fait quelques annonces (pacte de responsabilité, réforme territoriale, suppression de la première tranche d'imposition sur le revenu, plan numérique à l'école, allocations familiales, mesures environnementales), défend un bilan, assume un tournant social libéral en mentionnant explicitement son premier ministre et son ministre du budget :  
"Le pacte de responsabilité, je l’avais annoncé en début d’année devant vous ; il entre en application dès demain matin."
"D’abord avec la loi que va présenter le ministre de l’Economie, Emmanuel MACRON, dès le mois de janvier. Elle va libérer les initiatives, casser les rentes, libérer les énergies, l’activité, développer l’emploi, simplifier la vie des entreprises tout en protégeant les salariés. Ce sera un coup de jeune pour notre société parce que cette loi, elle est surtout destinée à la jeunesse."
"J’ai fait le choix de l’avenir tout en restant fidèle aux valeurs de la République et à notre modèle social."
Garant des institutions, et de l'unité nationale, le président de la République met en garde contre les extrémismes:
"Ecartons les discours qui trompent et qui abusent le peuple."
"Et devant les menaces qui montent et qui inquiètent, qui s’appellent terrorisme, communautarisme, fondamentalisme, ce n’est pas en nous divisant, en stigmatisant une religion, en cédant à la peur que nous nous protégerons, c’est en défendant fermement nos règles communes : la laïcité, l’ordre républicain, la sécurité des personnes, la dignité de la femme. C’est quand la France oublie ses principes qu’elle se perd, qu’elle se noie. Là est le déclin, le seul qui nous menace, c’est celui de l’abandon. C’est déjà arrivé dans l’histoire, dans l’histoire en France comme en Europe, ne l’oublions jamais. Et c’est pourquoi je fais de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme une grande cause nationale."
Ce message ne rompt pas, à la première écoute avec les pratiques précédentes : formules rituelles, (empathie, signe en direction des français les plus défavorisées, figure d'omnisciences peut-être sous représentées) célébrations des valeurs communes (éventuellement sur représentées). Il se distinguera peut-être, à l'aune d'une exploration lexicométrique des précédentes années par un volontarisme plus affirmé (qui rapprochera peut-être ce message de quelques discours chiraquiens).

mardi 31 décembre 2013

Voeux de Hollande pour 2014

Voeux de François Hollande pour 2014

- Premières impressions -

Une analyse à chaud: A la stricte écoute du message, les vœux de Hollande pour 2013 semblent emprunts d'une plus grande solennité et d'une certaine gravité, davantage semble-t-il que l'année précédente.

Les vœux officiels élyséens, à la stricte écoute, semblent coller au plus près à l'idéaltype du rituel. Il s'agira de le vérifier au moyen d'une étude plus précise. Elle révèle en outre un "pour" dominant aux multiples fonctions.

Une comparaison systématique des versions écrite et orale s'impose désormais. On note deux "enfin" oraux intempestifs qui ne sont pas dans la version écrite. De même, une phrase inachevée à l'oral fait anacoluthe tandis que l'écrit présente une syntaxe enchaînée.

En décembre 2012 la version orale télévisée présentait davantage de différences avec la version écrite publiée sur le site de l'Elysée. (Voir l'analyse de voeux pour 2013)

Sur la forme orale, on pourrait noter encore les trois tonalités de l'homme normal : le conte de fée de l'espoir mezzo voce, à deux reprises, le ton ferme et tranquille du responsable et du décisionnaire, chef des armées, à plusieurs reprises, enfin la nostalgie et les regrets modulés des décisions difficiles et des vicissitudes de la vie et de la "connaissance empathique".

On relève également une énonciation de la normalité encore autour du quadritalère JE/NOUS/VOUS/LA FRANCE. Avec une quasi exclusion de ON.

Le président passe pour cette deuxième année de la normalité ronde, à l'obsession économique sur le chômage par la productivité, mais aussi à la positivité tenace, voir autoritaire: Pour bien sûr hyperdominant face au contre qui n'est pas absent; une sous représentation curieuse de ne par rapport à n' et pas. Mais surtout JE/LA FRANCE ne transigera pas, ne négociera pas. L'Etat n'est pas désigné mais il est là en permanence et l'exécutif se substitue au pouvoir législatif.

On s'interrogera sur l'emploi de l'adjectif "intense": Cette année a été intense et difficile nous a dit à maintes reprises les président de la République. Cette notion est assez vide sur le plan politique.

Parmi les pistes proposées par François Hollande on s'interrogera sur l'annonce d'une baisse des charges sur le travail qui pourrait préfigurer un tournant politique.

Un autre passage du discours de Hollande mérite qu'on s'y arrête: "Cela vaut pour l'Etat, qui doit se concentrer sur ses missions essentielles, mais aussi pour les collectivités locales, qui doivent voir leurs compétences clarifiées ; et pour la sécurité sociale, qui est notre bien le plus précieux, qui doit en terminer avec les excès - nous les connaissons - et les abus. Parce qu'ils mettent en cause l'idée même de la solidarité."

"la réduction des dépenses "vaut pour l'Etat, mais aussi pour la Sécurité sociale, qui doit en terminer avec les excès et les abus". L’an dernier François Hollande avait parlé de solidarité à l’égard de ceux qui souffrent, ajoutant "ce ne sont pas des assistés" s'inscrivant alors en opposition frontale avec Nicolas Sarkozy.

Enfin comme chez tous ses prédécesseurs (ou presque), on regrettera que les vœux "aux concitoyens" soient incapables de dire un mot à ceux, sans papiers, étrangers, qui vivent en France et la font vivre aussi.

samedi 5 janvier 2013

Les autres billets sur les voeux présidentiels

Profils énonciatifs:

Méthode des spécificités

Evolution des formules d'adresse

Analyse factorielle corpus 1959-2001

Premier message de Sarkozy: analyse factorielles des correspondances , profils énonciatifs, longueur des messages

Une figure rituelle: l'omniscience présidentielle et les figures d'empathie

Les formules rituelles chez Sarkozy en décembre 2007

Voeux décembre 2008: la part du rituel, l'érosion des marques de l'énonciation

Voeux de Sarkozy, décembre 2009

Les voeux présidentiels, les vœux à la presse des premiers ministres

Voeux de Sarkozy décembre 2010 : Similitudes avec Chirac, AFC locuteur et année, ethos de chef en période de crise...Le sur-emploi des mots "Crise" et "Protéger"...Les métaphores climatiques... Le verbe savoir dans les voeux...

Voeux de Sarkozy décembre 2011 premières impressions. Dérèglements de la finance, je ne vous ai jamais caché...

Evolution des voeux de Sarkozy

Les thématiques abordées dans les voeux (Alceste)- Enoncés rituels

Voeux de Hollande décembre 2012: premières impressions: verbalisation, allusions à Sarkozy

Voeux de Hollande décembre 2012: verbalisation, comparaison avec le texte mis en ligne sur le site de l'Elysée

Voeux Hollande décembre 2012: allusion à sa récente élection

Voeux Hollande décembre 2012: spécificités lexicales Voeux Hollande décembre 2012: Le je présidentiel

Voeux Hollande décembre 2012: AFC et distances lexicales- comment hollande se situe-t-il par rapport à ses prédécesseurs?