Le message de Sarkozy est finalement politique, personnel dans la mesure où l’empathie est forte, où le chef de l’Etat s’adresse à chacun des Français, mais pas plus personnel probablement que ne l’étaient les vœux de Pompidou, qu’il rejoint d’ailleurs sur certains points.

Il y avait assez peu de vœux chez Pompidou il y en a moins encore chez Sarkozy (souhaite, bonne, année, vœux…), peut être moins encore que chez De Gaulle.

C’est donc un message presque neutre, presque dénué de la marque de circonstance de ce 31 décembre.

On y trouve cependant les marques formelles qui font de ce message une allocution de 31 décembre :

Ce fameux signe en direction des français les plus défavorisés ou qui sont seuls, ou qui travaillent ce soir, à la différence que Sarkozy s’adresse directement à eux. Il ne s’agit plus de « ceux qui souffrent* » mais de « vous qui souffrez* ». En réalité, même si la thématique est bien présente, il y a reformulation de cette thématique.

Il y a aussi l’omniscience présidentielle un peu revue, là aussi mais toujours là, qui était chère à Chirac.

Elle s’exprime par des emplois du verbe savoir au présent de l’indicatif :

  • Je sais les craintes que beaucoup d’entre vous éprouvent pour l’avenir de leurs enfants.
  • Je sais combien est grande votre attente d’un changement profond
  • Je sais l’angoisse qui vous étreint quand vous avez peur de perdre votre emploi…
  • Je sais votre exaspération quand vous voulez entreprendre ou quand vous voulez travailler davantage…

on retrouve un schéma classique, argumentatif :

Je sais l’angoisse qui vous étreint /tout ne sera pas fait en un jour/ MAIS /ma détermination est sans faille/

Les voeux de Sarkozy réduisent donc la part du rituel et du lexique des voeux tout en conservant les éléments incontournables, qui constituent l'ethos présidentiel (l'empathie, l'omniscience, le rôle de la France dans le monde)

C’est bien sûr une feuille de route qui est déroulée ici, dans un débit rapide et « efficace » qui laisse à penser que l’allocution était plus courte qu’elle n’était en réalité et qui traduit peut être "l'urgence" qu'il y a à agir.