- Premières impressions -

Une analyse à chaud: A la stricte écoute du message, les vœux de Hollande pour 2013 semblent emprunts d'une plus grande solennité et d'une certaine gravité, davantage semble-t-il que l'année précédente.

Les vœux officiels élyséens, à la stricte écoute, semblent coller au plus près à l'idéaltype du rituel. Il s'agira de le vérifier au moyen d'une étude plus précise. Elle révèle en outre un "pour" dominant aux multiples fonctions.

Une comparaison systématique des versions écrite et orale s'impose désormais. On note deux "enfin" oraux intempestifs qui ne sont pas dans la version écrite. De même, une phrase inachevée à l'oral fait anacoluthe tandis que l'écrit présente une syntaxe enchaînée.

En décembre 2012 la version orale télévisée présentait davantage de différences avec la version écrite publiée sur le site de l'Elysée. (Voir l'analyse de voeux pour 2013)

Sur la forme orale, on pourrait noter encore les trois tonalités de l'homme normal : le conte de fée de l'espoir mezzo voce, à deux reprises, le ton ferme et tranquille du responsable et du décisionnaire, chef des armées, à plusieurs reprises, enfin la nostalgie et les regrets modulés des décisions difficiles et des vicissitudes de la vie et de la "connaissance empathique".

On relève également une énonciation de la normalité encore autour du quadritalère JE/NOUS/VOUS/LA FRANCE. Avec une quasi exclusion de ON.

Le président passe pour cette deuxième année de la normalité ronde, à l'obsession économique sur le chômage par la productivité, mais aussi à la positivité tenace, voir autoritaire: Pour bien sûr hyperdominant face au contre qui n'est pas absent; une sous représentation curieuse de ne par rapport à n' et pas. Mais surtout JE/LA FRANCE ne transigera pas, ne négociera pas. L'Etat n'est pas désigné mais il est là en permanence et l'exécutif se substitue au pouvoir législatif.

On s'interrogera sur l'emploi de l'adjectif "intense": Cette année a été intense et difficile nous a dit à maintes reprises les président de la République. Cette notion est assez vide sur le plan politique.

Parmi les pistes proposées par François Hollande on s'interrogera sur l'annonce d'une baisse des charges sur le travail qui pourrait préfigurer un tournant politique.

Un autre passage du discours de Hollande mérite qu'on s'y arrête: "Cela vaut pour l'Etat, qui doit se concentrer sur ses missions essentielles, mais aussi pour les collectivités locales, qui doivent voir leurs compétences clarifiées ; et pour la sécurité sociale, qui est notre bien le plus précieux, qui doit en terminer avec les excès - nous les connaissons - et les abus. Parce qu'ils mettent en cause l'idée même de la solidarité."

"la réduction des dépenses "vaut pour l'Etat, mais aussi pour la Sécurité sociale, qui doit en terminer avec les excès et les abus". L’an dernier François Hollande avait parlé de solidarité à l’égard de ceux qui souffrent, ajoutant "ce ne sont pas des assistés" s'inscrivant alors en opposition frontale avec Nicolas Sarkozy.

Enfin comme chez tous ses prédécesseurs (ou presque), on regrettera que les vœux "aux concitoyens" soient incapables de dire un mot à ceux, sans papiers, étrangers, qui vivent en France et la font vivre aussi.